Le prêtre marié : une réalité méconnue

Le prêtre marié : une réalité méconnue

Dans la tradition catholique, les prêtres sont généralement soumis au célibat et ne peuvent donc pas se marier. Cependant, il existe des cas où certains prêtres sont autorisés à se marier et à fonder une famille. Ces prêtres, appelés clérogames, appartiennent à des Églises particulières issues du catholicisme ou d’autres traditions chrétiennes. Dans cet article, nous allons explorer cette réalité méconnue.

Les origines de la clérogamie

La clérogamie a des racines profondes dans l’histoire de l’Église chrétienne. Au cours des premiers siècles, les prêtres, évêques et diacres pouvaient se marier avant leur ordination. Cependant, le concile de Latran en 1139 a instauré le célibat obligatoire pour les membres du clergé, y compris les prêtres, les évêques et les diacres, dès lors qu’ils étaient constitués majeurs. Cette décision était motivée par des raisons pratiques et spirituelles, notamment la volonté de protéger les biens matériels et l’indépendance financière de l’Église, ainsi que la recherche d’une plus grande consécration au service de Dieu.

Les débats internes sur la clérogamie

De nombreux débats internes ont traversé l’histoire de l’Eglise concernant la possibilité de permettre aux prêtres de se marier. Certains ont plaidé pour la suppression du célibat obligatoire, arguant que cela pourrait aider à résoudre la crise des vocations au sacerdoce et favoriser une meilleure compréhension des problèmes conjugaux par les prêtres. Les partisans du célibat ecclésiastique soulignent quant à eux l’importance spirituelle et pastorale de cette pratique, ainsi que les défis pratiques posés par le mariage et la vie familiale pour un pasteur.

Les traditions chrétiennes autorisant la clérogamie

Même si le célibat est la norme dans l’Eglise catholique romaine, certaines autres traditions chrétiennes permettent le mariage des prêtres sous certaines conditions :

  • Les Églises catholiques orientales : les traditions chrétiennes issue des rites syriaques, grecs, coptes ou arméniens, en communion avec l’Eglise catholique, admettent le mariage pour leurs prêtres, même s’ils demeurent soumis à d’autres restrictions, comme l’exigence du mariage avant l’ordination et l’impossibilité d’accéder à l’épiscopat pour les prêtres mariés.
  • L’anglicanisme : les prêtres anglicans peuvent se marier et avoir une famille, bien que leur mariage soit soumis à certaines règles, notamment la nécessité d’une bénédiction épiscopale et l’interdiction de divorcer.
  • Le protestantisme : de nombreuses Églises protestantes, comme les luthériens, les calvinistes ou les méthodistes, autorisent également le mariage des prêtres, considérant que la vie familiale et l’engagement pastoral sont compatibles.

Les prêtres catholiques romains mariés : des exceptions rares mais existantes

Bien que le célibat reste la règle dans l’Eglise catholique romaine, il existe quelques exceptions permettant à certains prêtres de se marier :

  1. L’ordination d’hommes mariés : sous certaines conditions, des hommes mariés peuvent être ordonnés prêtres au sein de l’Eglise catholique latine. Ces cas sont généralement des situations exceptionnelles, notamment lorsqu’un homme ayant une famille quitte une autre confession chrétienne pour rejoindre l’Eglise catholique et demande à être ordonné prêtre.
  2. La dispense du célibat : un prêtre déjà ordonné peut demander une dispense spéciale auprès du Saint-Siège pour pouvoir se marier. Ce type de dispense est rare et accordé seulement en cas de circonstances particulières, comme la nécessité de prendre soin d’un enfant ou d’une personne âgée.

Le concubinage des prêtres : une réalité complexe

Si certains prêtres peuvent donc légalement se marier selon leur tradition chrétienne, d’autres entretiennent des relations de concubinage, souvent cachées, qui soulèvent débats et controverses.

Certaines études estiment que de nombreux prêtres dans divers pays vivent en concubinage, malgré l’interdiction de l’Eglise. Ces situations exposent les personnes concernées et leurs familles à la précarité matérielle et psychologique, ainsi qu’à la stigmatisation sociale.

Pour résoudre ces situations complexes, certains théologiens et leaders chrétiens préconisent un assouplissement des règles du célibat pour les prêtres catholiques romains, en s’inspirant notamment des évolutions en cours au sein d’autres traditions chrétiennes autorisant la clérogamie.

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