• 1011 Fondation par la Comtesse Lesceline d'Eu, grand-tante de Guillaume le Conquérant, en son château de l'Epinay (devenu Saint-Pierre-sur-Dives - Calvados).

  • 1046 Avec l'appui de son fils Hugues, évêque de Lisieux, Lesceline établit les moniales à Saint-Désir-de-Lisieux. Guillaume le Conquérant signe la charte de fondation.

  • 1792 Pour survivre à la Révolution, la Communauté forme, dans les environs, de petits groupes clandestins.

  • 1808 La Communauté se regroupe et reprend la vie conventuelle. Un pensionnat est ouvert qui accueillera, de 1881 à 1886, Thérèse Martin, future Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus.

  • 1904 Fermeture du pensionnat.

  • 1944 Bombardement de Lisieux. 20 moniales sont tuées, le monastère est détruit. Refuge provisoire à Paris, puis séjour à la Monteillerie, en terre normande.

  • 1954 Retour à Lisieux, dans le monastère en partie reconstruit.

  • 1963 Fin de la reconstruction. Dédicace de l'église abbatiale.

  • 1966 Fusion de la Communauté bénédictine de Blandain avec celle de Notre-Dame du Pré.

  • 1994 Transfert de la Communauté dans l'ancienne abbaye de Valmont (fondée en 1169 et d'où les moines furent chassés lors de la Révolution), pour y trouver un environnement plus favorable à la vie contemplative.

  • 2001 La Communauté bénédictine de Verneuil-sur-Avre s'unit à celle de Valmont.

  • 2011 Millénaire de la fondation : plusieurs célébrations festives ont ponctué l'année pour marquer l'événement.

L’histoire de notre communauté débute par une délicieuse idylle… dans les premières années du XIème siècle.

Au temps du Duc Richard II, aïeul de Guillaume le Conquérant, un chevalier nommé Torketil (francisé en Turqueville) fut chargé de garder prisonnier, au Castel de Rouen, le frère même du Duc Richard, Guillaume, Comte d’Exmes. L’emprisonnement dura cinq ans...

La Comtesse Lesceline se mit donc en quête d’un nouvel établissement. Avec l’appui de son fils Hugues, devenu Evêque de Lisieux, elle sollicita du Duc Guillaume (le Conquérant) une modeste terre, voisine de Lisieux, nommée Saint-Désir.

Cela se passait vers 1046... C’est donc à cette date qu’il faut placer les commencements de l’Abbaye lexovienne. Dès sa fondation, la communauté a été dédiée à « Notre-Dame de l’Epinay ». A Lisieux, l’Abbaye s’appellera « Notre-Dame du Pré », dénomination expliquée par la situation du monastère sur le cadastre.

Plusieurs abbesses se succédèrent jusqu’au Moyen Âge, fidèles à la vie monastique contemplative.

L'Abbaye Notre-Dame du Pré fut très vite prospère. La petite chapelle du XIème siècle se trouva alors insuffisante et il fallut en construire une autre. Ce fut probablement l’Abbesse Béatrice Daron qui présida à sa construction. Les fouilles exécutées après les bombardements de 1944 ont permis d’en mettre à jour les contours.

Nous sommes maintenant au XVIIème siècle. C’est l’heure des grandes réformes monastiques. La Congrégation de Saint-Maur étend progressivement son influence sur les monastères d’hommes. Un peu partout également surgissent des abbesses qui se montrent d’ardentes réformatrices.

Onzième enfant d’une famille qui devait en compter quatorze, Louise-Françoise-Lancelotte de Créqui entra toute jeune à l’Abbaye du Ronceray près d’Angers. C’est là qu’en 1776 vint la chercher Madame de Valanglart, pour venir à l’Abbaye de Lisieux. Elle avait alors quarante ans et la Communauté comptait une quarantaine de personnes.

Vers la fin de l’Ancien Régime, grâce à Madame Elisabeth de France et suivant l’exemple de Madame de Maintenon, on avait fait construire un nouveau bâtiment destiné à recevoir des jeunes filles pour leur éducation. Au retour des moniales, il devint pensionnat.

En 1904, à la suite de la loi sur les Congrégations, le Pensionnat dut fermer ses portes, mais l’hôtellerie fut conservé comme moyen de subsistance. Madame Saint-André, alors à la tête du monastère, grâce à des contacts avec l'Abbaye de Solesmes, sut tirer profit de cette nouvelle preuve, pour que la communauté reprenne une vie dans une plus authentique tradition monastique.

Jusqu’au mois de juin 1944, l’Abbaye a pu poursuivre sa vie de prière.

Mais, dans la nuit du 6 au 7 juin 1944, Lisieux est bombardé par les troupes alliées : le monastère est entièrement détruit. Vingt moniales, dont Mère Sainte Mechtilde, trouvèrent la mort sous les décombres.

C’est après dix années d’exil, en juin 1954, que la communauté est rentrée définitivement à Lisieux dans la première aile reconstruite du monastère.    

La situation du monastère, autrefois implanté à l’orée rurale de Lisieux, se trouve de plus en plus menacée par l’environnement d’une ville en développement : route nationale, voie ferrée, déviation de la route d’Alençon, promenade municipale…

 

En 2001, la communauté a accueilli huit moniales de l’Abbaye Saint-Nicolas de Verneuil-sur-Avre.

Le 6 juin 2004, a eu lieu la Dédicace de l’église rénovée.

En 2005, Mère Odile Deschard a résilié sa charge, après un abbatiat bien rempli.

La communauté a élu pour lui succéder Mère Thérèse Capelle qui a été bénie par Monseigneur Guyard, évêque du Diocèse du Havre de Grâce, et qui a choisi comme devise « veritas in caritate ».

En 2011, la communauté a fêté le millénaire de sa fondation, en organisant plusieurs célébrations tout au long de l'année. Monseigneur Guyard a ouvert l'année le 11 février 2011 et Monseigneur Brunin, évêque du diocèse du Havre nouvellement nommé, a présidé la clôture le 10 février 2012.